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  • Josée Mc Cann

Ma réussite : ton sentiment d'échec


Soyons honnête avec nous-mêmes, combien de fois la réussite d'autrui, nous ramène-t-elle secrètement à une sensation désagréable et difficile à vivre ? Rapidement nous devons réagir et faire quelque chose avec ça !

Certains orientent leurs réactions vers et contre l'autre. Ils cherchent la bête noire avec vigueur ! Ils la trouvent ou l'inventent ! Ils jugent, critiquent, accusent et dénigrent en privé ou sur l'espace public. Ils poussent et ils rejettent à l'extérieur d'eux, la sensation inconfortable qui hante leurs entrailles. En finale, l'autre n'est pas si bon, malgré qu'il ait réussi quelque chose de bien. Il est éventuellement diminué et même démoli. Il devient ainsi moins menaçant pour soi.

Et parallèlement nous avons réussi à éviter notre inconfort. Ça roule !

Une autre partie de la population retourne contre elle-même les critiques et les jugements et se dénigre avec peu, ou beaucoup d'allégresse. ''Bien, oui, untel réussit mais moi je ne suis pas capable. Je ne suis pas à la hauteur. Je ne suis pas assez, ou je suis trop.'' Entendez-vous ces petites phrases mordantes renvoyées par notre mental ? Les reconnaissez-vous ? En côtoyez-vous une, plus spécifiquement ? Revient-elle régulièrement dans vos pensées ? Dites-moi, expérimentez-vous ces puissants babillages, souvent réducteurs, qui s'imposent dans votre discours interne ?

Ils vous arrivent du passé, hantent votre présent et façonnent votre futur.

Ils sont polluants, voir toxiques, et malheureusement très efficaces.

Bien sûr, il reste tous ceux qui naviguent entre ces deux options et ceux qui s'inspirent de la réussite d'autrui. Ils seront peut-être le sujet d'un autre écrit. Mais dans cet article, je traiterai davantage des gens qui vivent le succès de l'autre avec difficulté.

Alors revenons à nos moutons et prenons quelques instants pour voir autrement. Observons ces réactions tout à fait humaines et tentons de les transformer en une zone constructive pour soi. Parce que soyons clair, les mouvements démarrent de soi et nous parlent de soi. L'autre n'est nullement concerné. À travers l'expérimentation de nos émotions et de nos pensées, et lorsque nous projetons nos jugements ou manifestons nos réactions, tout, absolument tout, émane de soi. Toutes ces manifestations nous appartiennent.

Toutes ces démonstrations sont NOS créations et elles s'installent parce que nous les mettons en action consciemment ou parfois inconsciemment.

Revenons un peu en arrière. Le malaise initial nous est apparu à la rencontre d'un événement ou d'une personne qui semble l'avoir provoqué ou simplement révélé. Cet événement ou cette personne se nomme un DÉCLENCHEUR.

Le déclencheur devient une sorte de miroir dans lequel nous nous regardons.

Dans mon exemple, la réussite de l'autre nous renvoie une image négative de nous-mêmes. Cette image reflète les sentiments douloureux, les conflits, les jugements et les insatisfactions que nous portons en nous-mêmes, sur nous-mêmes. Si notre estime de soi est chancelante, le reflet risque de contenir une teneur négative. Si au contraire notre estime de soi se porte bien, le reflet sera somme toute positif.

Moyennant un certain travail sur soi, nous avons tous la possibilité de transformer et de réorganiser notre espace de vie. Pourquoi ne pas revisiter la notion même de réussite et d'échec ? La dite échec est un lieu d'apprentissages extraordinaires, dans lequel nous pouvons acquérir de nouvelles et précieuses informations. Celles-ci nous guideront dans nos aventures à venir. Grâce à cette expérience, les plus récentes connaissances seront ajoutées à notre savoir. Elles pourront ainsi influencer et guider notre route vers nos objectifs et participer à l'atteinte de notre satisfaction.

Expérimenter, apprendre, manifester, réorganiser, s'adapter, transformer, créer, recommencer, évoluer et vivre sont au centre du développement de tous et chacun.

Notre vie s'articule autour de ces moteurs. Pourquoi ne pas se permettre de tout simplement avancer le plus librement possible ? Je vous propose un défi. Retranchez de votre système de croyances l'aspect dévalorisant et même destructif du terme échec.

Si vos croyances ne vous soutiennent plus, qu'elles ne vous propulsent plus avec bienveillance vers la liberté et votre mieux-être, alors à quoi bon vous y accrocher ?!

Nous gagnons tous à développer notre autonomie et notre amour de soi. Ce n'est pas toujours facile, j'en conviens. Je ne crie pas au miracle. Du boulot nous attend, mais de toute façon, du boulot il y aura ! Soit celui de contenir, d'éviter et de refouler le malaise, soit celui de l'accueillir afin d'éventuellement s'en affranchir. Qui sait, un jour peut-être la phrase ''Tes réussites me reflètent mon sentiment d'échec'' fera partie d'un passé fort instructif, aura alimenté un présent créatif et cultivera un futur évolutif !

Merci pour votre attention.

#MPC

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