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  • Josée Mc Cann

Vivre dans sa tête ou dans son cœur ?


J'observe régulièrement deux pôles s'affronter dans la dynamique humaine; le cœur et la tête. Il y a les adeptes du cœur, de l'émotion et du ressenti et les adeptes de la raison et de la compréhension.

Le premier clan nous propose l'avenue du cœur. Un espace dans lequel la personne se connecte avec son senti pour effectuer ses choix, baser ses décisions et engager ses comportements. Il y est prôné la croyance que les choix gagnent à être basés sur la sagesse du cœur. Le cœur sait ! Il connait ce qui est bon pour soi. Une décision prise dans ce contexte semble provenir d'un lieu empli de sagesse et suggère l'authenticité. Pour certains, choisir avec son cœur évoque même le réel respect de soi. Dans la voie du cœur, nous accédons à ce qui est meilleur pour nous-mêmes. Nous écoutons et réagissons à l'émotion qui monte et qui nous informe sur nos besoins.

Ce volet nécessite la foi, la confiance et le lâcher prise.

Le second clan invite à la réflexion et à la structuration des données cumulées. La décision sera appuyée sur une analyse poussée des bons et des mauvais côtés et sur la possibilité d'une réussite ou d'un échec. Les engagements et le choix ultime seront posés et structurés. Les conséquences seront analysées et évaluées. Nous mettons toutes les chances de notre côté! Dans la voie rationnelle, celle de la tête, nous disséquons et surtout, nous comprenons. Peu ou pas de place pour l'émotion et au ressenti dans cette option. Nous maîtrisons la situation et avons saisi ses multiples aspects. Nous sommes dans notre tête.

Comprendre, rationaliser et contrôler sont trois attitudes

sécurisantes et tellement renforcées au quotidien.

Et si ces deux pôles pouvaient entamer la conversation !?! Nous sommes tous habités par ces deux facultés: ressentir et raisonner. Et si l'on pouvait bénéficier des forces du cœur avec son monde émotif, associés aux capacités d'analyse et d'organisation du monde de la tête ? Imaginons un réel discours pouvant s'installer entre notre cœur et notre tête.

Ces deux aspects de l'assimilation humaine sont fort complémentaires, mais pas nécessairement opposés ! La confrontation s'installe uniquement lorsqu'un pôle domine l'autre. Notre raison contrôle parfois si rigidement, qu'elle anéantit le ressenti de l'émotion. À l'inverse, l'émotion peut devenir si puissante qu'elle envahit notre personne et parasite nos pensées. En coupant la discussion entre ces deux aspects, nous supprimons la possibilité de recevoir de nombreuses informations provenant soit de notre ressenti, soit de notre capacité à raisonner.

Maintenant, connaissez-vous le rôle des émotions ? Pourquoi nous traversent-elles et sèment-elles occasionnellement le chaos dans notre univers intérieur ?

Elles s'apparentent à une voiture transportant un passager. L'émotion est la voiture. Le passager est le message qu'elle nous livre sur nous-mêmes. L'émotion devient un véhicule pour son message. Elle en est le transporteur. Elle existe entre autre, afin de nous divulguer des informations importantes sur l'expérience que nous vivons. En accueillant notre émotion et en y restant connecté sans être envahi par son intensité, nous saisissons la chance de capter le message qu'elle contient. Mais pour recevoir ce message et le décrypter, il est drôlement utile d'avoir accès aux capacités d'analyse de notre raison.

EUREKA !!!

Nous y sommes ! Voilà l'espace dans lequel la conversation est possible et souhaitable: rester connecter sur le monde émotif grâce au cœur et comprendre l'essentiel des messages qui y sont contenus, par l'ajout des facultés rationnelles. Si le message n'est pas retenu, l'émotion circule, tourne en rond, monte en intensité. Pourquoi personne ne reçoit le message ? Je reviendrai une autre fois pour redire la même chose.

Mais sachez qu'un discours bidirectionnel peut s'installer. Le cœur dévoile ses connaissances à la tête afin que celle-ci les traite et en retire des renseignements chargés de sens. Parfois l'inverse se produit. Nous rationalisons une situation en discutant ou en réfléchissant, pour ensuite connecter avec l'émotion dont elle est chargée. Grâce à cette discussion, les choix sont influencés par l'entièreté de ce que nous sommes.

Le dialogue est infini. Il introduit l'évolution, la transformation.

Il s'appuie sur les multiples habiletés dont chaque être humain dispose.

Plus besoin de polariser, de sectionner ou de mettre en opposition. L'être existe comme un tout et non en partie. Nous le sectionnons. Nous le divisons. Nous écartons certaines notions afin de s'en préserver, mais celles-ci existent toujours. Elles retournent vers l'inconscience et patientent, se costument et attendent l'éventualité d'être enfin écoutées et reconnues.

Peut-être la prochaine fois...

#MPC

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